Dix grands maîtres espagnols du Greco à Dalí

Dans cette vidéo, nous allons commenter un tableau de chacun des dix grands génies de la peinture espagnole.

Originaire de l’île grecque de Crète, Le Greco a vécu à l’époque de la Renaissance, d’abord à Venise et à Rome, puis à Tolède. Son œuvre a transcendé le temps puisqu’elle a même influencé l’impressionnisme.

L’Enterrement du comte d’Orgaz est un exemple de son style maniériste, avec des silhouettes minces aux visages allongés, dans une ambiance spécialement éclairée pour représenter un miracle : la descente du ciel de Saint Etienne et de Saint Augustin pour enterrer le comte en reconnaissance de sa vie exemplaire, de sa grande humilité et des œuvres de charité accomplies.

José de Ribera, né à Játiva, décida de s’installer à Naples pendant la vice-royauté espagnole, étant donné que la ville connaissait alors une étape d’opulence commerciale favorable au mécénat artistique. Connu sous le nom de « L’Espagnolet », il signait bon nombre de ses tableaux comme « Giuseppe, l’Espagnol ».

Le tableau de La Femme à barbe représente la Napolitaine Maria Ventura avec des symptômes de masculinisation. Suivant le style de Caravaggio, il utilise des jeux intenses de lumières et d’ombres, ce qui donne au tableau une grande humanité.

Diego Velázquez, né à Séville, a été le peintre de la Chambre du roi Philippe IV et l’artiste le plus important du Siècle d’Or espagnol. Sa maîtrise du portrait était absolue. Ses voyages en Italie ont eu une influence déterminante sur l’évolution de son style pictural, parfait exemple du baroque.

Dans Les Ménines, son œuvre la plus célèbre, de grandes dimensions, il est capable de « peindre l’air », avec une étude approfondie de la perspective. Cette œuvre représente la famille du roi Philippe IV. Le personnage central est celui de l’infante Marguerite d’Autriche, accompagnée de ses demoiselles d’honneur, « les ménines ». Velázquez réalise son auto-portrait derrière la toile qu’il peint et dans le miroir, on peut voir le reflet du roi et de son épouse Marie-Anne d’Autriche.

Le peintre originaire de l’Extremadura Francisco de Zurbarán, ami et contemporain de Velázquez, se caractérise par un style ténébriste, en raison du contraste de lumière et d’ombre dans ses tableaux représentant des motifs religieux et de vie monastique.

Son œuvre L’Immaculée Conception contient des références aux attributs d’une Vierge enfant, âgée de 12 ou 13 ans, aux cheveux blonds dénoués, couronnée de douze étoiles et appuyée sur un quart de lune. On peut voir à ses pieds la silhouette de la ville de Séville avec la tour de la Giralda au fond.

Bartolomé Esteban Murillo, né à Séville tout comme Velázquez, a été l’un des peintres les plus importants du baroque espagnol. Son style laisse entrevoir ce qu’on appellera plus tard le style rococo. Il maîtrisait à la perfection les techniques ténébristes et du clair-obscur.

Le tableau des Saintes Juste et Rufine représente deux jeunes filles d’un potier qui avaient subi le martyre au IIIe siècle après J.-C. à Séville sur ordre du préfet romain. Les jeunes femmes soutiennent la Giralda de Séville, car on leur attribue le miracle de la préservation de cette tour lors du tremblement de terre de 1504. Au sol, on peut voir des jarres en céramique en allusion à l’activité familiale.

Francisco de Goya, né à Fuendetodos (province de Saragosse), est l’un des grands maîtres de l’histoire de l’art mondial : son œuvre englobe la peinture de chevalet et de fresque, la gravure et le dessin. Elle reflète la période historique tumultueuse qu’il vécut comme la guerre d’indépendance de l’Espagne contre la France.

La Charge des Mamelouks représente le soulèvement de la population de Madrid contre l’armée de Napoléon qui eut lieu le 2 mai 1808. Les mouvements des chevaux et les différents personnages donnent au tableau un grand dynamisme, parallèlement au réalisme représenté dans les corps au sol et les flots de sang.

Mariano Fortuny, né en Catalogne, a été l’un des peintres les plus influents du XIXe siècle. Malgré sa mort prématurée, à 35 ans, son style costumbrista caractérisé par un dessin soigné, la luminosité et l’éclat coloré ont contribué au grand succès international de ses tableaux.

Dans le Choix du Modèle, un tableau représentatif de sa peinture de style précieux, on peut voir un groupe d’académiciens vêtus à la mode XVIIIe siècle et sélectionnant un beau modèle, qui, jonchée sur une table, reçoit un faisceau de lumière qui baigne sa silhouette. La scène se déroule au Palais Colonna à Rome.

Le peintre valencien Joaquín Sorolla se caractérise par un style luministe, très proche de l’impressionnisme. La plupart de ses œuvres représentent des scènes à l’extérieur. Elles représentent, avec une grande maîtrise de la lumière, des scènes quotidiennes et paysagères de la vie méditerranéenne.

Dans son Portrait d’Alphonse XIII, il montre le roi, grandeur nature, dans les jardins du Palais de la Granja de San Ildefonso, en uniforme de hussard, dans le style coloré et lumineux de l’impressionnisme espagnol.

Pablo Picasso, né à Malaga, mais qui s’est formé comme peintre à Barcelone et à Paris, est peut-être le peintre le plus important du XXe siècle. Dès ses débuts dans la peinture figurative de ses époques bleue et rose, il ouvre la voie aux avant-gardes en créant le style cubiste dans lequel les formes de la nature se transforment à l’aide de figures géométriques.

Dans les Demoiselles d’Avignon, le tableau précurseur du cubisme, il peint cinq femmes dans une maison close de Barcelone, dont les corps nus se transforment en un ensemble de plans angulaires, plus marqués à mesure qu’elles se trouvent plus à droite de la toile.

Salvador Dalí, né à Figueras, est un artiste aux multiples facettes, qui s’est distingué non seulement dans le domaine de la peinture, mais aussi dans la sculpture, la scénographie et la littérature. Sa personnalité extravagante et son imagination visionnaire l’ont rendu célèbre à l’échelle mondiale. C’est l’un des plus grands représentants du style surréaliste.

Dans son tableau Rêve causé par le vol d’une abeille, il représente Gala, sa muse et sa femme, en lévitation, dans un paysage marin où s’introduisent des rêves issus d’événements extérieurs.